jeudi 17 août 2017

Patriarcat contre Triple Déesse



J’ai entendu cette année pas mal de bruit autour du sujet de l’allaitement en public. Tout d’abord ce sinistre épisode dans un commissariat parisien où un flic refuse de laisser une mère « imposer ça aux gens ». Une sénatrice australienne qui passionne les foules en nourrissant son bébé au parlement. Puis j’entends l’anecdote d’une jeune maman d’origine étrangère, allaitant son bébé dans un centre commercial près de chez moi, se faisant agresser par une vieille bique voulant lui faire croire que « c’est interdit» en France. Je m’intéresse fortement aux implications profondes, inconscientes et énergétiques que véhicule tout ce bordel autour d’un acte aussi anodin… Et le plus fort, c’est qu’hommes comme femmes se sentent parfois dérangés par ce sujet de l’allaitement. Alors qu’est-ce qui dérange ?



Patriarcat recherche Donzelle en Détresse

Quand j’analyse tout cela, je suis immédiatement renvoyée à la société patriarcale et à ce culte qu’elle voue à la femme jeune, mince et sexuellement disponible. En termes spirituels, C’est la Jeune Fille qui est le plus mise en lumière aujourd’hui, reléguant la Mère et la Vieille Femme au rebus. La société de consommation ne s’adresse presque exclusivement qu’à cette jeune demoiselle, même quand elle vend pour les plus âgées. A la petite trentaine, je ne me reconnais déjà plus dans les pubs actuelles et je m’étouffe d’étonnement en voyant les gamines sur-maquillées et en talons aiguille sensées nous donner envie d’acheter du parfum et des soutifs. Nous sommes à mille lieues de l’archétype de la Mère !

Le Sein se Rebelle

L’allaitement est un sujet qui appartient totalement à la Mère. C’est un de ses superpouvoirs. Forcément, il est difficile à faire valoir dans une société qui ne réclame que la jeune fille et qui s’acharne à forcer les plus âgées à continuer de faire semblant d’être des jeunes filles (faites des régimes mesdames !). La poitrine n’est pourtant pas boudée dans notre paysage médiatique. Ce qui gêne, c’est que le sein allaitant n’est pas érotique ! Il se montre et s’affirme comme indisponible aux sollicitations extérieures. Il n’est pas là pour l’imaginaire érotique masculin. Il se soustrait à cet impératif débile de n’exister qu’à l’image de la jeune fille. Il est rebelle ce sein ! Il est nu et il emmerde totalement les frustrations des hommes comme celles des femmes ! Les premiers ne peuvent plus vivre dans le délire ambiant selon lequel chaque femme est une fleur à cueillir bon gré mal gré. Les deuxièmes doivent accepter que certaines de leurs congénères placent leurs choix de mères avant les prérequis ridicules qu’elles se cassent le cul à suivre à longueur d’années. Ce sein se contrefout de s’engoncer dans un 36 ! Il n’a que faire des marques de créateurs. Il ne lit pas la rubrique « Sexo » de tous ces magazines hautement philosophiques qu’on refourgue en masse à nos jeunes femmes pour tout stimuler sauf leur intellect. Il ne veut rien acheter ! Il est là, dans un acte d’amour, de simplicité et oui, il vous emmerde !

Une Nudité Socialement Acceptable

Nous vivons dans une société où montrer son cul (ou ses seins) n’est acceptable que dans une logique de séduction mais certainement pas quand il est question de s’appartenir à soi ou de réaliser quelque chose d’utile ou d’épanouissant. Le patriarcat est friand de jeunesse puisqu’elle est généralement associée à la docilité et à l’impressionnabilité.

Jeune Fille, Mère, Vieille Femme. Chacune a le droit d’exister sans se travestir, sans se nier. Vivement une société où la femme sera complète, plurielle et libre…

Avec Ombre et Amour,

Iria


 Crédit image: "A certain kind of sweetness", Katie m. Berggren



mercredi 9 août 2017

Travail Salarié et Esclavage Soft

Je suis tombée récemment sur un graffiti lors d’une balade : « Je refuse de ne vivre que 5 semaines par an et 2 jours par semaine ». Cette phrase m’a fait l’effet d’une bombe. Elle peut faire sourire et faire passer son auteur pour le dernier des glandus syndiqués. Cependant, elle renvoie à un vrai questionnement : Pourquoi sommes-nous là et à quoi occupons-nous nos vies ?




Conditionnés et mis en boîtes

Dès le plus jeune âge, nous sommes formatés pour devenir des travailleurs. Les parents nous préparent pour l’école, l’école nous prépare pour les éventuelles études supérieures, les études nous préparent pour le travail… Et le travail nous retient des années durant jusqu’au bout du chemin. « TERMINUS, vous êtes trop vieux et trop cher, tout le monde descend ! » A la retraite, nous aurons enfin la liberté de faire ce que nous voulons… Et surtout ce que nous pourrons. Les retraités actuels semblent encore pleins de vie. Ceux de demain, avec l’allongement des études, des périodes de chômage et de précarité, les déviations professionnelles forcées par des entreprises qui cultivent un délire de rareté et cherchent des candidats illusoires, sans parler de l’âge de départ en retraite soumis à beaucoup de points d’interrogations pour l’avenir, autant vous dire que les générations suivantes risquent de bosser jusqu’à ce que leur date de péremption soit bien dépassée. Loin de moi l’envie de vous sortir un laïus politisé, étant autant allergique à la politique qu’à la religion. Comprenez dans mon discours une réflexion philosophique et spirituelle sur des problèmes bien réels et concrets. Alors, de façon pragmatique, on fait quoi de nos vies ? Pourquoi on bosse ? Et surtout, comment avons-nous été endoctrinés pour croire que la société du travail et du salariat nous sert, nous valorise et donne du sens à nos vies?

Notre mission depuis toujours ?

J’ai été biberonnée au discours « travaille bien à l’école pour trouver un bon travail et gagner plein d’argent » sous-entendu, c’est ta mission, à toi, du haut de tes 3 ans, de gagner de l’argent. On ne te demande rien d’autre. Va à l’école, ramène des bonnes notes pour trouver un travail qui paye. C’est le but ultime. Alors on prend cette course à l’emploi et à la subsistance pour le méga pompon ! Puisque depuis tout petit, on nous a demandé « tu veux faire quoi comme métier plus tard ? » et à l’âge adulte, lors des dîners en ville, on nous demande d’entrée de jeu ce que l’on fait dans la vie, notre activité professionnelle semblant nous définir. Elle pose une étiquette et rassure. Elle compartimente dans le cerveau de notre interlocuteur les cases dans lesquelles il va pouvoir nous classer. Et gare à nous de ne pas avoir de case « emploi » à remplir dans tous les petits cerveaux formatés depuis l’âge de 3 ans. Par exemple, je ne demande jamais aux gens que je rencontre ce qu’ils font dans la vie car cette question me gonfle et m’indiffère. Les gens ont tendance à très mal le prendre d’ailleurs. Pourtant je m’intéresse vraiment à eux, à qui ils sont et ce qui les passionne. C’est là l’essentiel, non ?

Une transition douloureuse

J’ai moi-même eu mon lot de pétages de plombs dans la sphère travail/salariat. Je suis encore aujourd’hui salariée à temps partiel en parallèle de mon activée d’autoentrepreneur. Je n’échappe donc pas aux contraintes de ce monde et je les connais très bien. Je pense que nos générations de travailleurs actuels sont ceux qui ont ou vont atteindre le pic de souffrance liée au travail le plus élevé et que, dans le grand ordre des choses, c’est prévu. On nous a mis dans la grande cocotte-minute et on attend que ça pète ! Plus qu’un changement, c’est une véritable révolution qui arrive. Et les révolutions ne sont pas initiées dans la dentelle. La notion de travail, de droit à la subsistance (puisque c’est de ça dont on parle derrière le miroir aux alouettes actuel) va radicalement être réinventée. Le travail risque de nous aliéner de plus en plus et nous devrons choisir entre se laisser briser par ce système ou le démolir pour en choisir un nouveau.
 

A quoi ressemblera ce nouveau système ?

J’ai l’impression que notre élan naturel de contribution et notre développement de compétences personnelles sont sciés à leur base. On croule sous la conformité (confort mité), la standardisation, l’aseptisé. Tous les salariés se ressemblent. On veut du prévisible. On forge les gamins à aller vers de voies dites « royales » sans écouter ce qui vibre en eux. Si leur élan naturel cherche à percer cette croute épaisse, on va leur rabattre la tête sous l’eau en leur assénant que leur désir du cœur va les mener vers une voie « bouchée » ou « qui ne paye pas » (pas d’emploi, pas d’argent, ta mission depuis que tu as 3 ans est avortée petit soldat !). On enfourne les gosses dans des cases et on les tasse bien afin qu’ils oublient totalement pourquoi ils sont venus ici. Ils occultent leur étoile, leur talent, leur étincelle. Ils mettent de côté leur mission et ne peuvent pas exprimer leur élan naturel de contribution. Selon moi, le nouveau système (que peut-être nos enfants commenceront seulement à voir naître) sera, à terme, un exhausteur de cet élan, un parterre d’étoiles !

L’âge de la chute

Nous sommes certainement dans « l’âge de la chute ». On va voir de plus en plus de burn-outs, de talents au chômage, de glandeurs indélogeables, d’efforts déçus, de politique pure, de salariés qui prennent la poudre d’escampette pour des années sabbatiques/ des projets de création d’entreprise/ des envies familiales/des élevages de chèvres et de pandas roux… Des élans de vie quoi !!! Les gens vont de plus en plus ressentir qu’ils se fourvoient, qu’ils font acte de présence, qu’ils se font écraser par une machine administrative et hiérarchique sans visage humain dans laquelle ils se sentent mourir à petit feu. Ils vont cesser de se raconter des salades (non, être chef de projet chez Trucmuche.com n’est ni passionnant, ni valorisant, ni épanouissant.)


 « Faux bonheur au travail »

Le « bonheur au travail » est pourtant devenu un cheval de bataille très « hype ». On voit de plus en plus d’entreprises mettre à disposition des salariés des espaces, des équipements, des opérations séduction de type « team building »… Parfois sincères, ces initiatives sont pourtant souvent la vaseline qui permet de mieux faire passer le tout. L’énergie derrière tout ça n’est pas vraiment « soyez heureux au travail » mais plutôt « développez un sentiment de loyauté envers votre entreprise qui vous fera oublier que vous avez une vie privée et des envies en dehors de votre esclavage quotidien »…


Esclavage moderne

Oui, oui, je parle carrément d’esclavage et c’est ce terme bien précis que mes guides utilisent pour me parler de notre planète et de notre système actuel. Nous sommes esclaves. Nous devons sacrifier la majorité écrasante de notre temps éveillé tout au long de notre vie pour aller fournir à un mec au-dessus de nous la plus belle part de notre énergie, de notre intelligence et de notre vivacité physique. En dehors du travail, nous avons le droit de nous reposer pour mieux pouvoir y retourner. C’est ainsi que pour les vacances, la tendance est aux destinations « farniente » histoire qu’on ne réfléchisse pas trop sur notre condition véritable et qu’on consomme aveuglément, entretenant la machine qui nous assomme à la source. C’est d’ailleurs drôle cette phrase « tu pars en vacances ? » comme si partir (fuir) était un impératif absolu…


La peur de l’ennui

L’entreprise cherche à vous vendre que sans elle, vous allez vous ennuyer. J’ai connu des périodes de no man’s land du travail et les questions qui revenaient dans toutes les bouches : « Que fais-tu de tes journées ? Tu ne t’ennuies pas trop ? Ca ne te manque pas de voir des gens ? ». Je trouve stupéfiant que le sabotage soit tel que la majorité des gens ne savent plus quoi faire d’eux-mêmes quand ils ne sont plus réquisitionnés par cette société esclavagiste soft. Ils ne savent plus créer, se sociabiliser ou se faire plaisir… Le plus triste, je pense, est qu’ils ne se sentent plus utiles.


La mort programmée de la hiérarchie

Le système de petits rois dans lequel nous évoluons est voué à se casser la gueule. Cette course ridicule au management n’aura plus aucun sens à terme. Le but est que chacun apporte son talent particulier unique. En arrêtant de chercher à grimper, on peut se reconcentrer sur son élan véritable, arrêter de lorgner sur l’assiette du voisin, cesser de faire semblant d’être autre que ce que l’on est. Et l’on va enfin offrir le même respect à chaque membre de la société et ne pas jouer les lèche-culs ou les dédaigneux en fonction de qui s’adresse à nous. On va aussi oser s’exprimer sans avoir à attendre que le roi ne parle pour ensuite aller dans son sens. Inutile de préciser que je n’ai jamais su faire toutes ces choses et que ça m’a attiré beaucoup d’inimitiés (imaginez les yeux de merlus que j’ai attiré sur ma petite personne en osant avoir une opinion lorsque j’étais stagiaire, en offrant mon aide à l’assistante de l’assistante de l’assistante et en saluant avec un respect simple, sans ronds de jambes fleuris, Mister Big PDG !). La fiction nous offre des exemples tantôt drôles ou douloureux de ce que nous vivons. Aussi, souvenez-vous de Rachel dans Friends, se sentant forcée de se mettre à fumer pour s’intégrer dans son équipe au travail… Une triste transposition de cette longue prostitution que l’on exige de nous et que l’on essaye de rendre anodine.

On nous prend pour des cons

J’ai travaillé il y a quelques années dans une entreprise très friande des groupes de travail. Alors que la société allait opérer pas mal de changements (dont pas mal de lourdage et de coupes budgétaires en tout genre) on nous a diffusé un dessin animé lors d’un de ces dits groupes. Il s’agissait de deux souris cherchant du fromage. La première souris était obèse, fainéante et grincheuse. Elle constatait qu’on lui avait déplacé son fromage et qu’elle devait courir dans un grand labyrinthe pour aller le récupérer. Au lieu de courir, elle se morfondait et râlait en espérant qu’on lui rende ses acquis. La deuxième souris, sorte d’hybride entre Speedy Gonzalez et un lapin crétin a foncé direct dans le labyrinthe pour récupérer son gouda. A la suite de la diffusion, on nous a parqués en groupes et on nous a demandé de tirer des conclusions de ce chef d’œuvre. On assista alors à un brainstorming enthousiaste de cadres archi diplômés cherchant la morale appropriée à ce dessin animé pour débiles mentaux. Tous s’exclamaient « il faut accepter le changement pour aller de l’avant ! », l’air béat, prêts à recevoir leur bon point auprès de leur manager. Les marqueurs noircissaient les grandes pages de nos tableaux de formation et tous semblaient hilares, absolument ravis. Quant à moi, je restais silencieuse. Mon mutisme n’échappa pas à l’assemblée et mon manager finit par me demander ce que j’avais pensé du dessin animé. J’ai répondu que je me sentais insultée autant par la forme que le fond. Mes petits collègues m’ont alors regardé avec angoisse, comme si je m’étais jetée dans le bassin à piranhas. Tous s’épanchaient sur l’attitude honteuse de la grosse souris obèse mais personne ne s’attardait sur le manque de réflexion de la Speedy Crétine ni sur l’intention véritable des créateurs de cette propagande grotesque. Cet épisode de ma vie professionnelle résume à lui seul la longue traversée du désert que j’ai ressentie depuis ma sortie d’école, la recherche de sens là où il n’y en avait pas, le décalage avec le système, la sensation d’être esclave d’une machine sans âme qui nous prend pour des imbéciles et la difficulté immense de fermer ma gueule dans tout ce foutoir…

Si vous croquez le fruit, n'avalez pas…


Le travail salarié est aujourd’hui une pomme infestée de vers. S’il convient encore à beaucoup de monde, une masse énorme cherche un sens ailleurs. Quelle est la planche de salut ? Cela dépendra de nous. Et en attendant le jour où nous déposerons nos rames, il va falloir accepter les règles pour subsister mais savoir se détacher un minimum pour ne pas éteindre notre étincelle véritable. Cette société nous forme à être des travailleurs et des payeurs de taxes. Ne soyons pas que ça. 

Avec Ombre et Amour,

Iria


Crédit Image: Steve Cutts




mercredi 10 mai 2017

Les Dieux Squattent mes Cartes : Lilith et le 8 de Graal



Avec cette série, je vous partage les messages canalisés des divinités qui m’accompagnent à travers les cartes qu’ils ont l’habitude de « squatter » dans mes jeux et tirages. Les tarots et oracles savent véhiculer les idées fortes des guides divins. Et ces derniers s’invitent souvent avec insistance ! Les messages divins me nourrissent énormément dans ma pratique spirituelle et mon cheminement avec le tarot. Je découvre toujours plus de nuances, de déclinaisons… Et quoi de mieux qu’une petite carte pour s’inspirer, se questionner, avancer, et peut-être se trouver face à une belle synchronicité ?

Je vous propose de lire des paroles de guides à la première personne, sans censure et pleins d’une sagesse d’ailleurs…

Lilith Squatte le 8 de Graal :


Carte extraite du Tarot des Vampires de Ian Daniels

« Je suis celle qui mène jusqu’au bout ses combats. Je suis celle qui ne fléchit jamais face à l’injustice, la misogynie et le patriarcat. Je ne recule pas, même si cela me coûte. Je refuse l’abrutissement des hommes et des femmes, le maintien dans le dogmatisme, le fanatisme du « tout lumière ». Pour ces valeurs-là, je veux bien être chassée du paradis

Mais je me fiche de prouver ma vérité à qui ne veut pas voir, entendre et comprendre. Je me fiche de l’approbation des moutons de panurge, des imbéciles heureux et bénis oui-oui. Même ceux qui m’adorent sans me comprendre ne m’importent pas. Je ne me montrerai pas véhémente sur les champs de batailles de pacotille. Je mets les petites gens étroites d’esprit et inconséquentes dans le grand sac des causes perdues et je ne me préoccupe ni de leur opinion ni de leur sort. Je suis celle qui s’est, la première, affranchie du regard désapprobateur. A quoi bon tenter de changer ce regard ? Qu’on me maudisse et qu’on me diabolise ! Peu m’importe ! Je suis libre ! Je ne mettrai pas ma liberté en péril pour tenter d’avoir raison face à des sots !

Fils et filles de l’ombre, âmes rebelles, révoltées et incomprises, ne cherchez pas à convertir l’inconvertible. Ne laissez pas votre fierté vous rendre grotesques. Vous n’avez pas besoin de retourner toutes les situations ouvertement à votre avantage. Les seuls combats qui valent la peine d’être menés sont ceux qui vous affranchiront toujours plus. Ne vous enfermez pas dans la médiocrité imposée par autrui ! Etre libre est plus important que d’avoir raison.

Alors déployez vos ailes, brisez vos chaînes, soyez libres… »



mardi 4 avril 2017

Votre Spiritualité, Vos Règles !



En spiritualité, cartomancie, magie, etc… On vous bassine avec un certain nombre de règles, interdits, méthodes faisant autorité (sans blague ?), ordres, degrés, marches à suivre… Tout ça parce que Bidule Chose, en l’an de grâce Prout Prout, a créé le mouvement Tagada et que des tas de gens ont trouvé ça chouette et se sont mis à le suivre. A présent, si l’on souhaite bifurquer par rapport à la vérité établie par Bidule Chose, on se mange des remontrances, assorties de cours magistraux offusqués nous rappelant que tout le monde « doit faire comme ça à la lettre » depuis l’an Prout Prout, regarde, c’est écrit sur plein de bouquins. Pas de questions à se poser… Et le libre arbitre dans tout ça ?


 Illustration: Aly Fell

Pourquoi suivre plutôt que de créer ?

Je suis toujours éberluée par ces gens qui suivent avec obstination des courants (et c’est bien leur droit) mais qui se font la mission de vous corriger si vous ne rentrez pas dans le même rang sacro-saint rendant gloire à la virgule près à la méthode Bidule-Chose-Prout-Prout-Tagada. Il y a bien un Monsieur Chose qui a complètement inventé cette méthode de A à Z en l’an Prout Prout. Il n’a pas eu besoin de suivre quoi que ce soit à part sa propre idée. Pourquoi est-ce que je ne ferais pas ma propre méthode maintenant ? En quoi suis-je moins légitime ? Pourquoi ai-je moins le droit d’improviser, expérimenter, me tromper et décider par moi-même ? En quoi suis-je moins connectée à la source divine dont découlent toutes nos idées et inspirations ?

Forcément, Bidule Chose et moi ne vivons pas à la même époque. Malheureusement, je ne pourrai pas revenir en l’an Prout Prout pour donner plus de légitimité à ma façon de faire les choses (ce qui est vieux est mieux ?). Evidemment, j’ai moins de followers que Bidule Chose qui a pris pas mal d’avance sur moi (et ai-je besoin de followers pour vivre quelque chose de vrai, de valide, d’authentique, d’efficace ?). Malheureusement, je ne pourrai pas prouver que ma méthode est la bonne (puisqu’aucune méthode n’est la bonne… A part celle qui raisonne comme la bonne en soi).

S’ils l’ont fait, moi aussi je peux le faire !

N’est-ce donc pas stérile de tenter avec force et fracas de dogmatiser toutes ces sphères qui, pourtant, font la part belle à l’intuition, à la confiance en soi, à l’individualité ? A quoi bon critiquer les religions du livre si nous recréons nos propres petites autocraties mesquines et recroquevillées, sortant nos propres bouquins poussiéreux pour appuyer chaque propos qui sort de nos bouches ? A quoi bon se foutre de leur gueule lorsqu’ils stigmatisent tout ce qui les entoure et prêchent sur le diable et l’enfer quand nous suivons à la lettre des superstitions établies par un con il y a des lustres (même si ce con a écrit plein de bouquins). Je traite ce pauvre Bidule Chose de « con » avec beaucoup d’affection d’ailleurs. Car nous sommes tous des cons à notre façon, tantôt géniaux et imparfaits. Tout dépend du point de vue. Ce que je veux dire par là est simple : Il y a bien un mec qui a tout inventé. Et si ce mec était là maintenant, on lui rirait au nez parce que cette même méthode sacro-sainte suivie avec tant d’application aujourd’hui n’aurait pas « fait ses preuves » ou reçu l’approbation suffisante pour séduire les masses.

Ne fuyons pas la responsabilité de nos choix et de nos créations

Et que recherchons-nous à travers des méthodes extérieures à nous-même d’ailleurs, si ce n’est un sentiment de légitimité ? Il y a bien une faille intérieure qui pousse à aller vers quelque chose de « suffisamment validé/ancien/suivi » … On ne veut pas avoir l’air bidon. Plutôt que de prendre le risque de se faire jeter des tomates en inventant, on va suivre la méthode Tagada et se gargariser de faire partie d’un ordre vieux de Prout-Prout, validé par l’autre con qui, de toute façon est mort et donc plus là pour recevoir les critiques. Et si l’on critique la méthode Tagada, on pourra toujours dire « c’est pas moi qui l’ai inventée » et là, c’est tout bénèf.

Je ne condamne pas non plus ceux qui suivent à la lettre, piochent ce qui les arrange et s’inspirent de mouvements établis. Je fais partie de cette masse dont je parle ! Il serait bien mal avisé de ma part de les fustiger bêtement. Je suis simplement révoltée face à l’intolérance butée de ceux qui cherchent à évangéliser, stigmatiser, formater et modeler le monde dans le simple but de valider leur propre mode de vie. Foutons la paix aux autres ! Il n’est possible d’agir que sur soi-même !

Lâchons-nous du leste !

On a bien assez de règles foireuses dans la société ordinaire ! On a bien assez de « laissez passer » à sortir de nos poches pour pouvoir accéder à tout et n’importe quoi. Combien de tests, de diplômes, de jugements devons-nous subir dans toute une vie ? On passe notre temps à se faire examiner, approuver ou recaler. A peine avons-nous pointé le nez dans ce monde que tous commencent à poser les premiers jalons de ces validations infernales « quand va-t-il marcher ? », « Sera-t-il propre avant tout le monde ? », « Quand prononcera-t-il son premier mot ? » … SOUPIR…

Avons-nous le droit de souffler deux minutes sans avoir un œil critique qui nous saucissonne incessamment en ce bas monde ? Et si les vastes domaines de la spiritualité ne nous offrent pas cette petite fenêtre de tir pour se construire ce sanctuaire de liberté, où la trouverons-nous ?

Avec Ombre et Amour,

Iria