mercredi 13 août 2014

La femme, cette misogyne ?!

Flânant régulièrement sur le fameux réseau social commençant par un « F », je suis quotidiennement surprise par la férocité des commentaires émis par la gente féminine en réaction à des news du genre « Les photos de l’actrice (disons Choupinette) tout juste 1 mois après l’accouchement ! ». Bien entendu, la nommée Choupinette  pose, glorieuse, moulée dans un scandaleux  accoutrement taille 36 (dans lequel elle flotte, la chipie !), un outrageux sourire plaqué d’une oreille à l’autre suggérant un « vous avez vu, bande de grosses vaches ? » en général très mal reçu… Vient ensuite le festival de commentaires au vitriol : « Moi je la trouve vulgaire ! » (jalouse…), « Moi je n’ai pas de coach sportif, cuisiniers, diététiciens et nounous personnels ! » (fauchée…), sans compter les accusations de chirurgie esthétique (moche, jalouse ET fauchée…) toujours en scandant « moi, je n’ai pas… moi je ne peux pas… nous, les femmes normales…, Pauvre de moi, moi, moi !!! »,  pour finir par les « SALOOOOOOOOPE !!!!!! » hystériques et autres noms d’oiseaux retentissants.  Tous ces commentaires, émis par des femmes. Des femmes pour les femmes. Ou plutôt des femmes contre les femmes.

Alors qui blâmer ? 

Ces pauvres âmes qui, elles, s’habillaient en 42, ont pris 25 kilos par grossesse, en ont reperdu 3.5 et qui travaillent dans un morne bureau loin des strass, paillettes et coaches à domicile ? Ou Choupinette ? Cette privilégiée dont le travail est un jeu mais dont chaque fait, geste et millimètre carré de peau est inspecté à la loupe et jeté en pâture au monde entier dès qu’elle sort à la lumière du jour (« tu voulais être célèbre ? Félicitations ! Maintenant ton cul appartient à tout le monde ! ») ? Ou bien les médias, ces rapaces suceurs de moelle qui exploitent chaque blessure d’égo pour encourager la consommation à outrance (« Toi, pas être comme Choupinette ? Toi, acheter  XLS-Perlimpinpin ! Toi, devenir méga Choupinette en 2 semaines seulement* ») 

*Dans le cadre d’un régime draconien, comptant 5 séances de cardio quotidiennes et 3 saignées hebdomadaires pour 7 secondes d’efficacité avant reprise de poids totale et irréversible.


J’ose crier au cercle vicieux ! J’ose blâmer chaque maillon de la chaîne ! Choupinette, honte à toi ! Madame taille 42 +25 kg -3.5 kg, honte à toi ! Rapaces suceurs de moelle, honte à vous ! Cessons cette folie ravageuse de confiance en soi et de solidarité !

La femme est un animal étrange, voyez-vous ? Considérée comme l’inférieure de l’homme une éternité durant, à peine constate-t-elle les prémices d’une émancipation et d’une parité que la voilà sautée à la gorge de ses semblables, les rabaissant avec application et acharnement au rang de putains désœuvrées et superficielles. Plus virulente, vindicative et misogyne qu’aucun homme avant elle depuis la Création, elle va tenter de zigouiller toute compétition, pensant soulager ainsi sa très petite confiance en elle, ne se rendant pas compte qu’elle empoisonne son propre aquarium. La vérité est que la femme a mal. Elle est blessée, prostrée, meurtrie. Elle croule sous le poids de l’idéal ridicule qui caracole en couverture de chaque feuille de choux qu’on ose appeler « la presse féminine ». Féminine ?!! Ces ramassis de néant intellectuel faisant la part belle aux désordres alimentaires de tous poils et glorifiant des gamines anorexiques et starlettes accrocs aux régimes « pot de bébé » n’ont absolument rien de féminin. Ces médias torpillent la féminité, la diminuent, la complexent, la culpabilisent, l’isolent et la piétinent jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien d’elle que cette bile acide que chacune répandra copieusement sur ses congénères jugées « menaçantes ». La femme va mal. Au lieu de vouloir se serrer les coudes pour s’en sortir plus grande, elle se tasse, se rabaisse, et crache sur l’autre. 

Sommes-nous conditionnées par nos mères qui n’ont pas toutes été des modèles de bienveillance et d’amour (cet autre idéal qui cause tellement de ravages…) ?  Est-ce que Maman, sans s’en rendre compte, nous a reléguées au rang de rivale dès nos premières années, nous disputant l’attention de Papa, ou nous préférant le petit frère plus affectueux et répondant mieux à ses attentes maternelles Oedipiennes ? A-t-elle été mal aimée ou marginalisée par sa propre mère, créant ainsi une chaîne infernale de matriarches  qui semblent tant vous aimer mais vous renvoient pourtant une effroyable image de vous-même.

Sommes-nous victimes de mimétisme, prenant le relais des anciennes générations d’hommes qui ne nous voyaient que comme des créatures servant à satisfaire leurs besoins primaires. Femme, fais la vaisselle ! Femme, nourris-moi ! Femme, déshabille-toi ! Mais surtout, femme, tais-toi ! Les mâles d’aujourd’hui ayant presque tous abandonné cette oppression épuisante nous auraient-ils passé le flambeau de l’assujettissement féminin ? Il faut bien que quelqu’un s’en occupe, nom d’un petit bonhomme ! Ces démones pourraient bien prendre le contrôle de la planète si personne ne les en empêche ! En effet, que se passerait-il si, encouragées dans nos capacités mentales, physiques et intellectuelles, nous réussissions cet exploit de nous sentir libres ? Libres de tout jugement. Libres de tout dictat. Libres de toute entrave ? Intéressante perspective… Mon opinion est que la femme est sa propre ennemie. Mais les femmes qui se rabaissent, s’injurient, se condamnent ne sont après tout que de viles gamines. Donc la vraie femme est ailleurs.

Qui sont les vraies femmes ?

Les vraies femmes s’entraident, se soulèvent, se secourent. Elles font front. Elles refusent le cercle vicieux et le status quo. Elles sont telle la Justice, droites et implacables, prêtes à tomber avec fracas sur quiconque oppressera la féminité. Voilà qui sont les femmes. Elles ne se taisent plus lorsqu’une autre femme souffre. Elles comprennent lorsque l’une d’entre nous appelle à l’aide. Mais surtout, elles considèrent que la victoire d’une femme est la victoire de toutes les autres. Elles ne se sentent pas menacées par la beauté et l’affirmation de leurs semblables mais fières, admiratives et motivées à en faire autant. Elles ne sont pas de faibles créatures aigries qui cultivent la médiocrité autour d’elles afin de ne pas avoir à souffrir la comparaison. Elles sont fortes, bienveillantes et solidaires ! Elles sont ambitieuses et ont soif de s’améliorer. Jamais elles ne se limitent. Jamais elles ne s’apitoient. Leurs faiblesses leur servent à apprendre et non pas à se culpabiliser. 

Alors, amies féminines, la prochaine fois que vous verrez une femme resplendissante de beauté ou de succès, exclamez-vous « bravo ma sœur ! » et sentez-vous grandie par cette expérience.

Carte extraite du Ceccoli Tarot




2 commentaires: