mardi 4 avril 2017

Votre Spiritualité, Vos Règles !



En spiritualité, cartomancie, magie, etc… On vous bassine avec un certain nombre de règles, interdits, méthodes faisant autorité (sans blague ?), ordres, degrés, marches à suivre… Tout ça parce que Bidule Chose, en l’an de grâce Prout Prout, a créé le mouvement Tagada et que des tas de gens ont trouvé ça chouette et se sont mis à le suivre. A présent, si l’on souhaite bifurquer par rapport à la vérité établie par Bidule Chose, on se mange des remontrances, assorties de cours magistraux offusqués nous rappelant que tout le monde « doit faire comme ça à la lettre » depuis l’an Prout Prout, regarde, c’est écrit sur plein de bouquins. Pas de questions à se poser… Et le libre arbitre dans tout ça ?


 Illustration: Aly Fell

Pourquoi suivre plutôt que de créer ?

Je suis toujours éberluée par ces gens qui suivent avec obstination des courants (et c’est bien leur droit) mais qui se font la mission de vous corriger si vous ne rentrez pas dans le même rang sacro-saint rendant gloire à la virgule près à la méthode Bidule-Chose-Prout-Prout-Tagada. Il y a bien un Monsieur Chose qui a complètement inventé cette méthode de A à Z en l’an Prout Prout. Il n’a pas eu besoin de suivre quoi que ce soit à part sa propre idée. Pourquoi est-ce que je ne ferais pas ma propre méthode maintenant ? En quoi suis-je moins légitime ? Pourquoi ai-je moins le droit d’improviser, expérimenter, me tromper et décider par moi-même ? En quoi suis-je moins connectée à la source divine dont découlent toutes nos idées et inspirations ?

Forcément, Bidule Chose et moi ne vivons pas à la même époque. Malheureusement, je ne pourrai pas revenir en l’an Prout Prout pour donner plus de légitimité à ma façon de faire les choses (ce qui est vieux est mieux ?). Evidemment, j’ai moins de followers que Bidule Chose qui a pris pas mal d’avance sur moi (et ai-je besoin de followers pour vivre quelque chose de vrai, de valide, d’authentique, d’efficace ?). Malheureusement, je ne pourrai pas prouver que ma méthode est la bonne (puisqu’aucune méthode n’est la bonne… A part celle qui raisonne comme la bonne en soi).

S’ils l’ont fait, moi aussi je peux le faire !

N’est-ce donc pas stérile de tenter avec force et fracas de dogmatiser toutes ces sphères qui, pourtant, font la part belle à l’intuition, à la confiance en soi, à l’individualité ? A quoi bon critiquer les religions du livre si nous recréons nos propres petites autocraties mesquines et recroquevillées, sortant nos propres bouquins poussiéreux pour appuyer chaque propos qui sort de nos bouches ? A quoi bon se foutre de leur gueule lorsqu’ils stigmatisent tout ce qui les entoure et prêchent sur le diable et l’enfer quand nous suivons à la lettre des superstitions établies par un con il y a des lustres (même si ce con a écrit plein de bouquins). Je traite ce pauvre Bidule Chose de « con » avec beaucoup d’affection d’ailleurs. Car nous sommes tous des cons à notre façon, tantôt géniaux et imparfaits. Tout dépend du point de vue. Ce que je veux dire par là est simple : Il y a bien un mec qui a tout inventé. Et si ce mec était là maintenant, on lui rirait au nez parce que cette même méthode sacro-sainte suivie avec tant d’application aujourd’hui n’aurait pas « fait ses preuves » ou reçu l’approbation suffisante pour séduire les masses.

Ne fuyons pas la responsabilité de nos choix et de nos créations

Et que recherchons-nous à travers des méthodes extérieures à nous-même d’ailleurs, si ce n’est un sentiment de légitimité ? Il y a bien une faille intérieure qui pousse à aller vers quelque chose de « suffisamment validé/ancien/suivi » … On ne veut pas avoir l’air bidon. Plutôt que de prendre le risque de se faire jeter des tomates en inventant, on va suivre la méthode Tagada et se gargariser de faire partie d’un ordre vieux de Prout-Prout, validé par l’autre con qui, de toute façon est mort et donc plus là pour recevoir les critiques. Et si l’on critique la méthode Tagada, on pourra toujours dire « c’est pas moi qui l’ai inventée » et là, c’est tout bénèf.

Je ne condamne pas non plus ceux qui suivent à la lettre, piochent ce qui les arrange et s’inspirent de mouvements établis. Je fais partie de cette masse dont je parle ! Il serait bien mal avisé de ma part de les fustiger bêtement. Je suis simplement révoltée face à l’intolérance butée de ceux qui cherchent à évangéliser, stigmatiser, formater et modeler le monde dans le simple but de valider leur propre mode de vie. Foutons la paix aux autres ! Il n’est possible d’agir que sur soi-même !

Lâchons-nous du leste !

On a bien assez de règles foireuses dans la société ordinaire ! On a bien assez de « laissez passer » à sortir de nos poches pour pouvoir accéder à tout et n’importe quoi. Combien de tests, de diplômes, de jugements devons-nous subir dans toute une vie ? On passe notre temps à se faire examiner, approuver ou recaler. A peine avons-nous pointé le nez dans ce monde que tous commencent à poser les premiers jalons de ces validations infernales « quand va-t-il marcher ? », « Sera-t-il propre avant tout le monde ? », « Quand prononcera-t-il son premier mot ? » … SOUPIR…

Avons-nous le droit de souffler deux minutes sans avoir un œil critique qui nous saucissonne incessamment en ce bas monde ? Et si les vastes domaines de la spiritualité ne nous offrent pas cette petite fenêtre de tir pour se construire ce sanctuaire de liberté, où la trouverons-nous ?

Avec Ombre et Amour,

Iria